Quelles mesures contre le surendettement ?

Agissons pour une réforme radicale du crédit revolving en France

Il est très compliqué d'essayer d'entrevoir la façon dont pourraient progresser nos sociétés sans crédit. Cela va de soi, le crédit reste jusqu'à maintenant la source de financement la plus répandue et la plus rationnelle que l'on connaisse. S'en prendre au crédit et à son mode de fonctionnement, c'est s'en prendre à ce qui a donné la possibilité de mettre sur pied certains trésors de notre patrimoine, mais aussi aux succès de nos fleurons industriels qui se réjouissent de figurer parmi les plus importants recruteurs du pays. S'il n'est pas nécessaire de contester le principe même de l'emprunt, la généralisation du prêt à la consommation et ses conséquences désastreuses sur les ménages est cependant un phénomène beaucoup plus inquiétant.

Faire la différence entre le bon et le mauvais crédit

Il y a des projets qui doivent faire appel au prêt de la banque pour leur réalisation (création d'entreprise, travaux, développement, achat d'une maison etc.). Pour les familles, le prêt personnel est aussi indispensable lorsqu'il faut changer de voiture, construire une véranda ou payer les études des enfants. En soi, le crédit est peu dénoncé lorsqu'il fait naître un projet bien défini et qui soit utile à long terme pour un individu ou pour un groupe (mais seulement si le taux d'intérêt reste correct). Il suffit pour le demandeur de prouver sa bonne situation financière et le sérieux de son dossier pour obtenir un prêt par une banque. Un système génère pourtant de vives réactions auprès des associations de défense des consommateurs : les réserves d'argent. D'abord par leurs taux excessivement élevés, mais également par leur mode de fonctionnement (réserve d'argent qui se reconstitue au fur et à mesure des mensualités) qui tend à déclencher un engrenage et qui conduit au sur-endettement. Plutôt rapide et facile à obtenir, cette réserve permet aux acheteurs de payer leurs courses en magasin ou sur le web grâce à une carte Lire cet article sur la reserve d'argent - http://justicesociale.hautetfort.com/archive/2016/12/14/pour-une-reforme... laquelle se trouve le logo de la société de crédit. Le problème, c'est que le client est parfois enclin à piocher dans cette réserve comme s'il s'agissait ici de son propre argent pour finalement réaliser des achats futiles et à taux très salé. Si aucune initiative visant à plafonner sérieusement les taux, voire une suppression nette de ce type de crédit n'est décidée, alors la lutte contre le sur-endettement est loin d'être terminée.

Cette mesure pourrait pousser les organismes à mener une réflexion sur de nouvelles formes de crédit moins addictives.

Si les prêteurs ne jouent pas le jeu, est-il possible de réalimenter la distribution de prêts ?

Dans un premier temps, la suppression du crédit revolving ne serait pas une bonne nouvelle pour la grande distribution et du commerce en général. Ce type de crédit est en effet très utilisé pour équiper son habitation (Hi-fi, téléviseurs, mobilier etc.). Si les établissements de crédit ne désirent pas adapter leurs offres de prêt personnel à de plus petits montants (en compensation de la suppression de la réserve d'argent), il sera impossible de les forcer à le faire.
Des alternatives devront alors vite être mises en place.

En premier lieu, une impulsion doit être initiée pour que puisse voir le jour une société de financement dont participeraient activement les acteurs de la grande distribution. Ce nouveau service aurait l'appui de l’État et proposerait des offres de micro-prêt personnel entre 500 et 2000 euros pour chaque client souhaitant régler ses achats par crédit. Le contrôle pourrait être confié à une agence semi-publique ou par un appel d'offres à une société externe et les responsables auraient un large pouvoir de décision. Si l'emprunteur voit sa demande de crédit validée, il pourra décider librement - http://browse.deviantart.com/?qh=&section=&global=1&q=librement (sous conditions toutefois) des modalités de remboursement. Ainsi, les professionnels qui participeront à ce système seront copropriétaires de leur appareil de financement.

Autre alternative, travailler au développement du prêt entre particuliers en développant une plateforme nationale qui jouera les intermédiaires. L'objectif est de mettre en relation d'un côté des particuliers à la recherche d'un placement à rendement avec, de l'autre côté, des demandeurs qui veulent financer un projet bien défini. Le taux d'intérêt payé par l'emprunteur correspondrait à la rémunération du capital prêté par l'investisseur. La mise en ligne d'un site de crowdfunding est facilement réalisable au niveau matériel. Toutefois, et pour que le grand public adhère au projet, une importante campagne publicitaire sera nécessaire.

La dernière initiative : réussir à convaincre la BCE d'investir dans les établissements de crédit qui appartiennent à l’État. Le point positif d'une telle opération, c'est que les capitaux investis transiteraient dans l'économie de tous les jours au lieu d'alimenter une spéculation sur les marchés financiers.